L’épilation pubienne est universelle et ne peut être exclusivement expliquée par la publicité et la pornographie de masse. C’est un signal d’activité et de réceptivité sexuelles – résultat d’une évolution bioculturelle.

La pratique [de l’épilation pubienne] est bien universelle et ne peut être exclusivement expliquée par la publicité et la pornographie de masse, vu qu’aucune des sociétés pré-industrielles étudiées n’y avait accès.

Peggy Sastre, « Chronique « Peggy la science », in Causeur n°68 (mai 2019) »

http://lamutationestenmarche.blogspot.com/2019/07/chronique-peggy-la-science-in-causeur.html

C’est ce qu’on découvert Lyndsey K. Craig et Peter B. Gray, anthropologues à l’université du Nevada. Ils ont mené la première analyse « systématique et interculturelle » de l’épilation pubienne. Leur étude exploite des « données descriptives » portant sur 72 cultures disséminées de par le monde et les époques. Les publications vont de 1894 à 2001.

L’épilation pubienne n’est pas une invention aussi occidentale que récente, ni « uniquement fruit des « injonctions » d’une société hypnotisée par les films de boules et les marchands du temple cosmétique » (Peggy Sastre)

Pour ces maillots primitifs, la technique de choix est l’extraction manuelle – avec divers ersatz de pinces à épiler

Exemples :

  • les Indiens Tapirapé se servent de coquilles de palourdes
  • les Selknams de la Terre de Feu (aujourd’hui disparus) s’arrachaient les poils avec les doigts et une mixture de cendres.

Les femmes sont les premières concernés, mais les hommes aussi s’épilent les poils pubiens : cette pratique par les hommes est souvent intégrée dans un rituel marital marquant l’entrée à la fois dans l’âge adulte et la vie sexuelle.

La motivation numéro un est d’ordre hygiénique

Exemple : chez les Ila (Afrique australe), les femmes craignent que leurs poils ne piquent le pénis de leur partenaire et l’infectent.

Ce qui fait dire aux chercheurs que l’épilation intime relève d’une évolution bioculturelle et que l’entretien de la toison pubienne, où la dégradation des protéines, lipides, acides gras et stéroïdes secrétés par les glandes sudoripares produit un fumet variant au gré de l’état reproductif, est avant tout un signal d’activité et de réceptivité sexuelles sur lequel le complexe playboyo-esthétique n’a fait que capitaliser depuis quelques siècles.

*****

Chez les Indiens Kogi de Colombie, le mythe de la création des sexes n’est pas une affaire de côte mal taillée mais de poil pubien fertile. C’est lorsque la Mère primordiale s’arracha un poil de chatte pour le planter au mitan d’un corps agame que ce dernier se vit pousser un pénis – et que l’humanité fut divisée en hommes et femmes.

Peggy Sastre, ibid.

Lien vers l’étude : https://www.researchgate.net/publication/327654779_Pubic_Hair_Removal_Practices_in_Cross-Cultural_Perspective

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